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Le vélo faisant partie des domaines encore considérés comme pittoresques par les élus et les techniciens (qui manquent d'ailleurs d'expérience en la matière), au même titre d'ailleurs que d'autres questions classées "écolos", la politique suivie n'est pas pragmatique. Au lieu de trouver la façon la plus simple d'organiser la circulation à vélo, on navigue dans les effets d'annonces: "regardez cette superbe piste", quand le carrefour à l'extrémité est infranchissable. Et on se réfugie derrière des questions de compétences: "à partir de là, ce n'est plus nous", la piste s'arrête en passant de Montpellier à Castelnau-le-Lez, ou bien quand on passe de la route départementale à la voirie municipale de Montpellier. Pourtant, quand il s'agit des voitures, ce genre de situations n'arrive pas: même à Montpellier, les 4-voies départementales ne débouchent pas sur des impasses municipales (l'exemple de l'avenue de la Mer étant un cas historique à part!). La raison: pour les voitures, tout le monde part de l'idée qu'il faut absolument trouver une solution, coûte que coûte. Alors que pour le vélo, si ce n'est pas réalisable immédiatement, à faible coût, sans avoir à contacter d'autres collectivités locales, on décide que c'est impossible.
Question de priorité, vous disiez?
Un exemple concret: tout le monde peut avoir besoin de contourner Montpellier. En voiture, on utilise la 2x2 voies formée des avenues Paul Rimbaud-Henri Marès-Voie Domitienne-Sabatier d'Espeyran-Docteur Pezet-Justice de Castelnau. À vélo, on hésite, car il n'y a pas d'autre itinéraire (et la coupure créée par l'avenue "de la Liberté", interdite aux piétons et impraticable à vélo, aggrave encore la situation). Beaucoup de cyclistes y passent quand même, mais plus encore ont renoncé au vélo vus les risques. Malgré les promesses répétées (en public) de Georges Frêche en 1999, devant la détermination évidente des cyclistes, de créer des pistes cyclables sur l'avenue de la Justice de Castelnau, rien n'a jamais été fait. Car les trottoirs ayant déjà disparu ou pratiquement, il n'est pas possible de créer un itinéraire cyclable sans supprimer une file de voitures. On peut donc le dire clairement: Montpellier ne pourra pas se prétendre ville cyclable tant que la Voie Domitienne (et compagnie) ne seront pas dotées d'itinéraires cyclables.
Et l'on pourrait siter bien d'autres exemples, comme la liaison de Montpellier à Saint-Jean-de-Védas, actuellement embouteillée: impossible d'y aller à vélo à moins d'être soit kamikaze (route directe), soit géomètre doté d'une carte d'état-major (deux itinéraires tortueux existent, l'un au sud doit bientôt disparaître pour cause de passage à 4 voies, l'autre au nord est laissé en délabrement, peut-être avec l'idée que le tramway occupe le terrain). Pour les milliers de personnes qui font le trajet quotidiennement, si le bus n'est pas possible pour raison (probable) d'horaires ou d'itinéraire, la seule solution restante est... la bagnole.
Exception notable, la rue Saint-Jaumes, qui longe le jardin des Plantes, descendant du boulevad Henri IV jusqu'à Père Soulas, était une 2 voies dont la voie descendante était un couloir bus. Un vrai itinéraire cyclable de l'Arc de Triomphe vers Philippidès a été créé, certes un peu difficile à trouver (un panneau indicateur au Peyrou serait d'une laideur intolérable, selon les Monuments Historiques qui acceptent trois voies de circulation difficilement franchies par un passage clouté), mais pratique, utile, et qui témoigne d'un réel effort d'imagination. Dommage que le budget toujours limité pour les pistes cyclables ait obligé à transformer l'ex-couloir de bus en piste bidirectionnelle alors qu'il serait plus agréable d'avoir une piste cyclable de chaque côté, mais l'essentiel est là.
Que remarque-t-on? Que le réseau semble aujourd'hui réellement maillé, sans grosse discontinuité. Même la rue Saint-Louis apparaît en vert! Pourtant il n'y a pas de piste cyclable, et la mairie semble hostile à rendre cette rue plus humaine. Alors??? Eh bien consultez la légende: le vert signifie "liaison structurante du réseau cyclable", c'est-à-dire qu'à vélo on est bien obligé de passer par là; cependant aucun aménagement cyclable n'y est indiqué, ni même en projet: c'est tout simplement structurant. Et on pourrait dire la même chose du carrefour de la Lyre, autre point structurant, bien qu'on y risque la mort si on s'y aventure à vélo!
Autre remarque: des axes "structurants" qui ne sont pourtant pas ceux pas où passe naturellement un cycliste: quel cycliste aller du centre à La Paillade en passant par l'avenue de la Liberté? Les cyclistes empruntent presque tous la route de Lodève, axe non structurant selon la mairie (et la présence du lycée Mas-de-Tesse, à un endroit où la bande cyclable est interrompue, n'y changera rien...)

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